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Faux SMS colis arnaque : reconnaître le vrai piège

Illustration : Faux SMS colis arnaque : reconnaître le vrai piège

« Votre colis est en attente de livraison. Réglez les 2,99 € de frais sous 48 h pour éviter le retour à l’expéditeur. » Ce message tombe souvent au pire moment : celui où vous attendez vraiment un paquet. C’est toute sa force. Le faux SMS colis est aujourd’hui l’une des arnaques les plus répandues en France, décliné aux couleurs de Colissimo, Chronopost, La Poste, Mondial Relay ou Amazon. La bonne nouvelle, c’est qu’il repose toujours sur le même piège — et qu’un réflexe de dix secondes suffit à le désamorcer. Voici comment reconnaître ce faux SMS, quoi faire si vous avez déjà cliqué, et le script exact à transmettre à vos parents ce soir.

« Votre colis est en attente » : à quoi ressemble le faux SMS de livraison

Le principe est toujours le même. Vous recevez un SMS qui imite un transporteur connu et vous annonce un souci sur une livraison : un colis « bloqué », une adresse « incomplète », des « frais de douane » ou de « réexpédition » à régler. Un lien vous invite à payer une petite somme, généralement entre 1 et 3 euros. Ce montant minuscule n’est pas un hasard : il est assez faible pour ne pas éveiller les soupçons, et il sert surtout à vous faire saisir votre numéro de carte bancaire sur une fausse page.

Quelques formulations typiques que l’on retrouve dans ces faux SMS :

  • « Colissimo : votre colis n’a pas pu être livré, mettez à jour vos informations ici. »
  • « Chronopost : des frais de douane de 1,99 € sont requis pour la livraison. »
  • « Votre paquet est en attente au centre de tri. Confirmez votre adresse sous 24 h. »

Cette technique porte un nom : le smishing, contraction de « SMS » et de « phishing » (hameçonnage). C’est la version texto de l’arnaque par mail. D’ailleurs, les indices qui trahissent un faux message sont largement les mêmes : nous les avons détaillés dans notre guide pour reconnaître un mail de phishing, et ils s’appliquent mot pour mot au SMS.

Les 4 signes qui trahissent un faux SMS colis (Colissimo, Chronopost…)

Avant même de vous demander si vous attendez un colis, quatre éléments doivent allumer un voyant :

  • On vous demande de payer. Un vrai transporteur ne réclame jamais de frais de livraison par un lien reçu par SMS. Les éventuels frais de douane se règlent sur le site officiel ou à la remise du colis, pas via un texto pressant.
  • Il y a urgence. « Sous 24 h », « dernier avis », « retour à l’expéditeur » : la pression sur le temps est l’arme numéro un des escrocs. Elle sert à couper la réflexion, car un cerveau pressé ne vérifie plus, il obéit.
  • Le lien n’est pas officiel. L’adresse ne correspond pas au vrai site du transporteur : elle contient des mots en trop, des tirets, une extension étrange (.info, .top, un lien raccourci). Le vrai Colissimo, c’est laposte.fr ; le vrai Chronopost, c’est chronopost.fr.
  • Le message ne vous nomme pas. Aucun numéro de commande précis, aucune référence de votre part : le SMS est envoyé à l’aveugle à des milliers de personnes, en pariant sur le fait que certaines attendent réellement un colis.

Un seul de ces signes suffit à considérer le message comme suspect. Trois ensemble, c’est une quasi-certitude.

Le bon réflexe : ne cliquez pas, vérifiez vous-même

Face à un faux SMS colis, le geste juste tient en une phrase : on ne clique jamais sur le lien, on vérifie soi-même par le canal officiel. Concrètement :

  • Si vous attendez vraiment un colis, ouvrez l’e-mail de confirmation du marchand (Amazon, le site où vous avez commandé) et suivez le colis depuis là, ou tapez vous-même l’adresse du transporteur dans votre navigateur.
  • Utilisez le numéro de suivi que vous possédez déjà sur le site ou l’application officielle du transporteur. Un vrai suivi ne réclame jamais votre carte bancaire.
  • Dans le doute, supprimez le SMS. Vous ne perdrez jamais un vrai colis en ignorant un texto : le transporteur laissera un avis de passage ou vous joindra par un canal vérifiable.

C’est exactement le même réflexe que celui qui protège de toutes les autres arnaques : ne rien décider dans l’urgence et reprendre la main par un chemin que vous maîtrisez. Ce réflexe est au cœur de notre méthode complète pour protéger vos parents des arnaques.

J’ai cliqué ou payé : que faire maintenant, étape par étape

Si vous avez cliqué, et surtout si vous avez saisi vos coordonnées bancaires, pas de panique : agir vite change tout. Dans l’ordre :

  1. Faites opposition sur votre carte immédiatement, en appelant votre banque (numéro au dos de la carte) ou via son application. C’est la première chose à faire pour bloquer tout débit.
  2. Changez vos mots de passe si vous en avez saisi un sur la fausse page, et ceux des comptes qui utilisent le même.
  3. Surveillez vos comptes les jours suivants : les escrocs testent parfois de petits montants avant de frapper plus fort.
  4. Signalez le SMS. Transférez-le gratuitement au 33700, le service officiel de signalement des spams par SMS, puis effacez-le.
  5. Faites-vous aider et déposez plainte si de l’argent a été prélevé : l’État met à disposition la plateforme cybermalveillance.gouv.fr et le numéro Info Escroqueries, 0 805 805 817 (gratuit). Une fraude à la carte se signale aussi via le téléservice Perceval sur service-public.fr.

Avoir cliqué n’a rien de honteux : ces messages sont fabriqués pour tromper des gens attentifs. L’essentiel est de réagir, pas de se reprocher quoi que ce soit.

Le script à transmettre à vos parents

La meilleure protection ne s’installe pas sur un téléphone, elle se transmet en une phrase. Voici trois repères simples à partager avec un parent, à voix haute, comme une règle de la maison :

  • « Un vrai transporteur ne te demande jamais ta carte par SMS pour deux euros. »
  • « Si un texto te presse, tu ne cliques pas : tu me montres le message, ou tu vérifies le suivi toi-même sur le site officiel. »
  • « Il n’y a aucune honte à hésiter. On préfère vérifier à deux plutôt que cliquer seul. »

Ce faux SMS colis n’est qu’une variante d’une famille d’arnaques par texto qui vise aussi les remboursements de santé — le même piège se cache derrière le faux SMS de mise à jour de la carte Vitale. Apprendre à repérer la charpente commune, c’est se protéger de toutes en une fois — et devenir la vigie de sa famille.

Foire aux questions

Le SMS ne réclame que 2 € : pourquoi se méfier pour si peu ?

Parce que les 2 € ne sont pas le vrai objectif. Ce petit montant sert à vous faire saisir votre numéro de carte sur une fausse page. Une fois ces données récupérées, les escrocs peuvent tenter des débits bien plus lourds ou revendre vos informations. Le montant est faible exprès, pour endormir la méfiance.

Comment savoir si j’attends vraiment un colis ?

Fiez-vous à votre e-mail de confirmation de commande et au numéro de suivi qu’il contient. Rendez-vous ensuite sur le site ou l’application officielle du transporteur en tapant l’adresse vous-même. Un vrai suivi de colis ne vous demandera jamais votre carte bancaire pour être consulté.

Le message vient d’un numéro français ou affiche « Chronopost » : est-ce plus sûr ?

Non. Le nom de l’expéditeur et le numéro affichés se falsifient très facilement. Ni un numéro, ni un logo, ni un nom d’expéditeur ne prouvent l’identité réelle de celui qui écrit. Seule compte la manière dont vous vérifiez : par le canal officiel, jamais par le lien reçu.

Où signaler un faux SMS de livraison ?

Transférez le SMS au 33700 (signalement officiel des spams SMS), puis signalez l’arnaque sur cybermalveillance.gouv.fr. En cas de préjudice, appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817, gratuit, avec de vraies personnes au bout du fil.

J’ai communiqué mon numéro de carte : que va-t-il se passer ?

Faites opposition sans attendre : c’est ce qui bloque les débits. Surveillez ensuite vos relevés, car des prélèvements peuvent apparaître plus tard. Signalez la fraude à votre banque et via Perceval. Plus vous agissez tôt, plus vos chances de limiter les dégâts sont grandes.

En résumé

Le faux SMS colis (Colissimo, Chronopost, La Poste, Amazon…) mise sur un colis que vous attendez, une petite somme à payer et un délai serré pour vous faire cliquer. Retenez trois choses : un vrai transporteur ne réclame pas votre carte par SMS ; on ne clique jamais sur le lien, on vérifie le suivi soi-même sur le site officiel ; et si vous avez cliqué, l’opposition immédiate et le signalement au 33700 règlent l’essentiel. Transmettez ce réflexe à vos proches : c’est le plus beau cadeau à faire à un parent ce soir.

Sources : cybermalveillance.gouv.fr (hameçonnage / faux SMS), 33700.fr (signalement des spams SMS), Info Escroqueries 0 805 805 817, service-public.fr (Perceval, fraude à la carte bancaire).