Un faux message Assurance retraite vous annonce un « trop-perçu » à vous rembourser, un « complément » de pension ou une « mise à jour » urgente de votre dossier ? Avant de cliquer, prenez trente secondes. Ces courriels et ces SMS imitent le logo, le ton et jusqu’à l’adresse de l’Assurance retraite — la CNAV et les CARSAT — mais ils ne poursuivent qu’un seul but : récupérer vos identifiants et vos coordonnées bancaires. Voici le message tel qu’il arrive, les signaux qui le trahissent, et les gestes exacts si vous l’avez déjà ouvert.
Sommaire
En bref
- Le faux message de l’Assurance retraite promet un remboursement ou impose une urgence, et renvoie vers un site cloné qui copie lassuranceretraite.fr.
- Le signal n°1 : on vous réclame vos coordonnées bancaires ou votre mot de passe — l’Assurance retraite ne le demande jamais par courriel, ni par SMS ou téléphone en dehors de votre espace personnel.
- Le réflexe : ne jamais passer par le lien du message. Tapez vous-même l’adresse officielle dans votre navigateur.
- Pour signaler : transférez le courriel à abuse@cnav.fr, le SMS (ou l’appel frauduleux) au 33 700, et signalez sur cybermalveillance.gouv.fr.
- Si vous avez saisi quelque chose : appelez votre banque immédiatement, puis changez votre mot de passe.
Comment marche cette arnaque
Le scénario le plus signalé depuis le printemps 2026 est celui du remboursement ou du complément de pension. Un courriel très soigné, signé « Mon Espace Retraite », prétend qu’un recalcul après la revalorisation des pensions du 1er janvier a révélé un écart en votre faveur, et qu’il suffit de « confirmer vos informations » pour être régularisé. Le « trop-perçu » à rembourser circulait déjà en septembre 2025, et d’autres versions annoncent que votre pension est suspendue après un changement de coordonnées bancaires. Notez le détail qui fait tout : le montant annoncé est presque toujours précis au centime. Ce n’est pas un hasard. Un chiffre rond sonne faux ; un chiffre à la virgule donne l’impression qu’un service a calculé quelque chose pour vous. C’est un outil de mise en confiance, pas une information.
Le lien du message mène vers un site cloné, copie conforme du vrai. Vous y saisissez votre numéro de Sécurité sociale, vos identifiants, parfois votre RIB. En quelques secondes, ces données arrivent chez l’escroc.
Les SMS, eux, ne portent pas toujours de lien : certains annoncent une opération suspecte et vous demandent de rappeler un numéro, au bout duquel un faux « conseiller » prend le relais. Il peut alors vous demander d’installer un logiciel de prise en main à distance, afin de « vérifier » l’opération avec vous. C’est le moment où tout bascule : il voit votre écran, vos comptes, et peut déclencher des virements pendant que vous le regardez faire. La mécanique est celle à celle du faux conseiller bancaire — seul le décor change.
À quoi ça ressemble
Voici un courriel reconstitué d’après les signalements publics. Le montant, la référence et les adresses sont inventés pour l’exemple : d’une campagne à l’autre, le chiffre change (312,40 € en septembre 2025, 267,14 € au printemps 2026), seule la structure se répète. N’attendez donc pas un montant précis pour vous méfier. Lisez-le une fois : vous le reconnaîtrez du premier coup d’œil.
Objet : Régularisation de votre pension en attente de validation — Réf. CNAV/2026/48127
Madame, Monsieur,
Après vérification de votre dossier retraite, un recalcul consécutif à la revalorisation des pensions a révélé un écart en votre faveur d’un montant de 347,82 €.
Cette régularisation est en attente de validation. Afin de procéder au virement sur votre compte, nous vous invitons à confirmer vos coordonnées bancaires via votre espace personnel sécurisé :
→ Confirmer mes informations :
lassurance-retraite-remboursement.info/espaceAttention : sans confirmation de votre part avant le 15/10/2026, votre dossier sera clôturé et la régularisation annulée.
Cordialement,
Le service des prestations — L’Assurance retraite
Et une version par SMS, plus courte, qui ne passe pas par un lien mais par un numéro à rappeler :
ASSURANCE RETRAITE : une opération de 978 € est en cours sur votre compte. Si vous ne la reconnaissez pas, appelez sans attendre notre centre d’opposition au
01 XX XX XX XX
⚠️ Le piège : regardez l’adresse du lien. Ce n’est pas lassuranceretraite.fr, le vrai domaine de votre espace personnel, mais une adresse qui lui ressemble — avec un tiret en plus, un mot ajouté, ou une terminaison différente. Les expéditeurs signalés par l’Assurance retraite n’utilisent d’ailleurs ni @lassuranceretraite.fr ni @cnav.fr. Pour le SMS, le piège est le numéro : un numéro de « centre d’opposition » que vous n’avez jamais vu sur un courrier officiel. L’adresse et le numéro ci-dessus sont inventés et volontairement non cliquables : ils sont montrés pour que vous sachiez à quoi ressemble la fausse, jamais pour y aller.
Les signaux qui doivent vous alerter
Un seul de ces signaux suffit à traiter le message comme faux. Vous n’avez pas besoin des quatre.
| Signal d’alerte | Ce que ça cache | Le bon réflexe |
|---|---|---|
| Une promesse d’argent, ou une date limite qui presse | La pression vous empêche de vérifier | Un organisme public ne menace pas et ne fait pas miroiter un gain |
| Un montant précis au centime | Un chiffre à la virgule donne l’illusion d’un calcul réel | Traitez la précision comme un argument de vente, pas comme une preuve |
| On réclame RIB, carte bancaire ou mot de passe | Tout ce qu’il faut pour vider un compte | Aucun de ces éléments ne se donne par mail, SMS ou téléphone |
| L’adresse du lien n’est pas le domaine officiel | Un site cloné qui attend votre saisie | Posez le curseur sur le lien sans cliquer et lisez l’adresse réelle |
| Un SMS avec un lien ou un numéro à rappeler, ou un mail que vous n’attendiez pas | Un canal que l’Assurance retraite n’utilise pas pour ça | Elle passe par votre espace personnel sécurisé |
| On vous propose d’installer un logiciel pour « vous aider » | Une prise de contrôle de votre ordinateur | Refusez, raccrochez, débranchez d’Internet si c’est déjà installé |
Ce que l’Assurance retraite ne vous demandera jamais
Retenez cette phrase : elle désamorce à elle seule la quasi-totalité de ces arnaques. L’Assurance retraite ne demande jamais d’éléments personnels par courriel, ni de vous faire appeler un numéro surtaxé, et ne vous en réclame par SMS ou par téléphone qu’en dehors de votre espace personnel, c’est-à-dire jamais pour une « régularisation » reçue sur un message. Un message est donc frauduleux, sans discussion possible, s’il réclame :
- votre numéro de carte bancaire ou son cryptogramme ;
- votre RIB « pour verser un remboursement » ;
- le mot de passe ou le code de connexion de votre espace personnel ;
- l’installation d’un logiciel permettant de prendre le contrôle de votre ordinateur à distance.
✅ La règle d’or : n’utilisez jamais le lien du message. Ouvrez votre navigateur, tapez vous-même l’adresse officielle, et regardez si une notification y figure vraiment. Pour téléphoner, le numéro officiel de l’Assurance retraite est le 3960 — service gratuit, hors coût de l’appel selon votre opérateur, du lundi au vendredi de 8 h à 17 h — jamais celui qui figure dans le message. Si la notification n’y est pas, le message est faux — vous venez de trancher en vingt secondes, sans aide de personne.
Vos réflexes : quoi faire
Recevoir ce message ne vous expose à rien tant que vous n’avez pas cliqué. Trois gestes, dans cet ordre.
- Vous ne cliquez pas, et vous n’ouvrez aucune pièce jointe.
- Vous vérifiez par votre propre chemin : adresse officielle tapée à la main, ou les coordonnées qui figurent sur vos courriers papier. Jamais le numéro ni le lien du message suspect.
- Vous signalez. Transférez le courriel à abuse@cnav.fr, signalez-le sur cybermalveillance.gouv.fr, et transférez les SMS au 33 700. C’est gratuit et ça prend une minute.
Le même réflexe s’applique mot pour mot au faux mail des impôts et à l’arnaque à la carte Vitale : on ne clique pas, on vérifie par un canal qu’on connaît déjà.
Si c’est déjà arrivé
Si vous avez cliqué, ou saisi des informations, agissez dans l’ordre suivant. Et sachez-le : ces messages sont conçus par des professionnels pour tromper n’importe qui. S’y être laissé prendre ne dit rien de vous.
- Appelez votre banque immédiatement si des coordonnées bancaires sont parties. C’est le geste qui ne peut pas attendre : faites opposition et demandez la surveillance de vos opérations.
- Changez le mot de passe de votre espace Assurance retraite — et celui de tous les comptes où vous utilisiez le même.
- Si vous avez installé un logiciel à la demande d’un « conseiller », débranchez l’ordinateur d’Internet et faites-le vérifier avant de le réutiliser.
- Gardez une capture d’écran du message, puis déposez plainte s’il y a un préjudice.
- Appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30) : on vous orientera selon ce qui est parti.
- Prévenez votre entourage. Ces messages partent en masse : le dire autour de vous protège d’autres personnes.
Pour la suite, notre guide pour signaler une arnaque récapitule où s’adresser selon le canal et le montant.
En résumé
- Le faux message Assurance retraite se présente comme un courriel ou un SMS annonçant un trop-perçu à rembourser, avec un montant précis au centime et une date limite.
- Le signal n°1 du faux message Assurance retraite : l’adresse du lien n’est pas le domaine officiel lassuranceretraite.fr, et le message réclame un RIB, une carte bancaire ou un mot de passe.
- L’Assurance retraite ne demande jamais d’éléments personnels par courriel, et pas davantage par SMS ou par téléphone en dehors de l’espace personnel sécurisé.
- Le réflexe qui protège : ne jamais utiliser le lien reçu, mais taper soi-même l’adresse officielle dans son navigateur pour vérifier si la notification existe.
- Où signaler : le courriel à abuse@cnav.fr, le SMS au 33 700, l’arnaque sur cybermalveillance.gouv.fr, et Info Escroqueries au 0 805 805 817 en cas de préjudice.
FAQ
Comment savoir si un message de l’Assurance retraite est vrai ?
Un vrai message ne vous met pas la pression et ne demande jamais de données bancaires. Pour trancher, n’utilisez pas le lien reçu : connectez-vous vous-même à votre espace personnel en tapant l’adresse officielle à la main. Si aucune notification n’y figure, le message est faux.
L’Assurance retraite envoie-t-elle des SMS avec un lien ?
Elle passe par votre espace personnel sécurisé. Un SMS que vous n’attendiez pas, qui contient un lien et vous demande de « confirmer » ou de « mettre à jour » vos informations, doit être traité comme suspect par défaut. Dans le doute, transférez-le au 33 700.
Le message annonce un montant au centime près. Est-ce que ça le rend crédible ?
C’est l’inverse : cette précision est un outil. Un chiffre rond sonnerait faux, un chiffre à la virgule donne l’impression qu’un service a calculé quelque chose pour vous. Traitez-la comme un argument de vente, pas comme une preuve.
J’ai cliqué sur le lien. Que faire ?
Si vous avez seulement cliqué sans rien saisir, fermez la page, ne renseignez rien, supprimez le message et surveillez vos comptes dans les jours qui suivent : vous n’avez en principe rien transmis. Si vous avez entré des identifiants ou des coordonnées bancaires, appelez votre banque pour faire opposition, changez vos mots de passe, et signalez l’arnaque sur cybermalveillance.gouv.fr.
Pourquoi est-ce que je reçois ça alors que je n’ai rien demandé ?
Parce que ces messages sont envoyés en masse, à des adresses issues de fuites de données ou de fichiers revendus. Vous n’avez commis aucune erreur en le recevant, et le recevoir ne signifie pas que votre dossier retraite est concerné par quoi que ce soit.
Où signaler un faux message Assurance retraite ?
Transférez le courriel à abuse@cnav.fr, signalez-le sur cybermalveillance.gouv.fr, transférez les SMS au 33 700, et en cas de préjudice appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817.
Sources officielles : L’Assurance retraite (lassuranceretraite.fr, rubrique sur les courriels et SMS frauduleux), cybermalveillance.gouv.fr, le 33 700, Info Escroqueries (0 805 805 817) — retrouvez l’ensemble de nos sources vérifiées, et contactez-nous pour signaler une arnaque ou poser une question.
